Ressource réglementaire permanente — REG-C2-001 — Chapitre 1 sur 3
Comprendre la liaison C2 dans les opérations de drones
La liaison C2 relie l’aéronef sans équipage à son unité de commande et de surveillance afin de gérer le vol. En catégorie spécifique, elle devient une fonction de sécurité qui doit être décrite, limitée et surveillée.
Ce premier chapitre pose les définitions et explique pourquoi une liaison apparemment stable lors d’un essai simple ne suffit pas à démontrer une opération éloignée, répétitive ou réalisée dans un environnement contraint.
De l’équipement radio à la fonction de sécurité
Une liaison C2 peut reposer sur une radio propriétaire, un réseau cellulaire, un relais ou une combinaison de moyens. La question réglementaire n’est pas seulement « quelle technologie est présente ? », mais « quelles fonctions de sécurité dépendent de cette communication et dans quelles limites restent-elles maîtrisées ? ».
La portée, les essais, les preuves, le PDRA, la SORA et la perte de liaison sont traités dans les deux chapitres suivants afin de conserver une lecture plus courte.
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1. Définition réglementaire de la liaison C2
Le règlement européen définit la liaison C2 comme la liaison de données entre l’aéronef sans équipage et l’unité de commande et de surveillance, utilisée pour gérer le vol. L’expression anglaise est command and control link. L’unité de commande et de surveillance est souvent désignée par l’acronyme CMU.
Cette définition est fonctionnelle. Elle ne désigne pas une technologie précise : radio propriétaire, Wi-Fi, liaison cellulaire, réseau privé, satellite ou combinaison de moyens. Elle ne garantit pas non plus qu’une technologie donnée est adaptée à une opération. Le dossier doit montrer comment l’architecture retenue permet effectivement de commander, surveiller et, lorsque nécessaire, récupérer ou terminer le vol.
Liaison C2 et drone de classe C2 : deux notions différentes
La lettre et le chiffre se ressemblent, mais les concepts n’ont aucun lien direct. La liaison C2 est une liaison de commande et de contrôle. La classe C2 est une classe de produit définie par le règlement délégué (UE) 2019/945. Un drone peut disposer d’une liaison C2 sans porter un marquage de classe C2, et un drone de classe C2 utilise nécessairement une liaison de commande sans que celle-ci soit automatiquement démontrée pour une opération spécifique donnée.
Ce que la liaison C2 transporte ou permet
Selon l’architecture, elle peut transporter des ordres de pilotage, des changements de mode, des consignes de trajectoire, des commandes de contingence, des informations d’état de l’aéronef, des alertes et des données utiles à la surveillance du vol. L’important n’est pas de dresser une liste générique, mais d’identifier les fonctions dont la perte ou le retard pourrait empêcher de maintenir l’opération dans ses limites.
Ce avec quoi elle ne doit pas être confondue
| Élément | Fonction principale | Relation avec la C2 |
|---|---|---|
| Liaison vidéo ou charge utile | Transmettre une image, une mesure ou une donnée de mission. | Peut partager le même support radio, mais n’est pas automatiquement indispensable à la gestion du vol. |
| GNSS | Fournir une information de position et de temps. | Contribue souvent au pilotage automatique, mais n’est pas une liaison entre l’aéronef et la CMU. |
| Identification directe à distance | Diffuser localement des informations d’identification et de position. | Fonction distincte ; sa présence ne renseigne pas sur la qualité de la liaison C2. |
| FTS | Déclencher une terminaison de vol selon une logique prévue. | Peut utiliser une liaison indépendante ou partiellement indépendante ; son architecture doit être explicitée. |
| C3 | Ensemble plus large des communications critiques pour la sécurité. | Dans la SORA 2.5, le C3 comprend la C2 et toute autre liaison de communication critique pour la sécurité. |
2. Pourquoi la liaison C2 devient structurante
En catégorie spécifique, la sécurité est appréciée à l’échelle de l’opération complète. Une liaison stable à vingt mètres lors d’un essai de démonstration ne suffit pas à caractériser un vol industriel, répétitif, éloigné ou réalisé dans plusieurs environnements. La liaison C2 doit être cohérente avec le volume de vol, la distance, la hauteur, la vitesse, le relief, les obstacles, le bruit radio, les procédures et les comportements automatiques.
Une insuffisance de liaison peut empêcher l’émission d’un ordre, retarder une réaction, masquer une alerte ou rendre l’état réel de l’aéronef incertain. Le risque ne provient donc pas seulement d’une coupure franche. Une dégradation progressive, une latence excessive, des pertes intermittentes ou des données incohérentes peuvent aussi rendre le contrôle inadapté avant même que le système annonce une perte complète.
La démonstration doit également tenir compte de l’automatisation. Un aéronef capable de poursuivre une route ou d’exécuter un retour automatique n’est pas indépendant de la C2 par principe. Il faut déterminer quelles décisions restent possibles, comment les modes sont surveillés, quel comportement est déclenché, et si ce comportement est sûr dans l’environnement réel. Un retour au point de départ peut être approprié dans une zone dégagée et devenir dangereux s’il traverse un obstacle, un volume non prévu ou une zone occupée.
Schéma de lecture : de l’architecture aux preuves
Limite de cette ressource
Les principes présentés doivent être adaptés au système, au spectre, à l’environnement, au mode de vol et au cadre réglementaire applicable. Ils ne concluent pas qu’une liaison particulière est suffisante et ne remplacent ni des essais documentés, ni l’analyse du dossier, ni la décision de l’autorité compétente.
Références réglementaires de la série
- Règlement d’exécution (UE) 2019/947 : règles et procédures applicables à l’exploitation des aéronefs sans équipage.
- Règlement délégué (UE) 2019/945 : exigences applicables aux systèmes d’aéronefs sans équipage et aux classes de produit.
- Easy Access Rules for Unmanned Aircraft Systems : règlement consolidé, AMC et GM publiés par l’EASA.
- Décision ED 2025/018/R : intégration de la SORA 2.5 dans les AMC et GM applicables.
Dernière mise à jour éditoriale : 7 juillet 2026
Dernière vérification réglementaire : 7 juillet 2026