Ressource réglementaire permanente — REG-OPS-001

VLOS, EVLOS et BVLOS : distinguer les modes de conduite du vol

Le mode de conduite du vol ne se résume pas à une distance. Il dépend de la capacité réelle à voir l’aéronef, à surveiller l’espace aérien, à communiquer et à agir assez tôt pour éviter une collision.

Voir l’aéronef ne suffit pas : il faut conserver une capacité d’action

Télépilote préparant une mission avec carte, observateurs et volumes de vol
Voir l’aéronef ne suffit pas : il faut conserver une capacité d’actionVLOS, EVLOS et BVLOS organisent différemment la détection, la décision, la communication et les responsabilités de l’équipage.

Le VLOS est défini par le règlement comme un vol dans lequel le télépilote maintient un contact visuel continu et non assisté avec l’aéronef, afin de maîtriser sa trajectoire par rapport aux autres aéronefs, aux personnes et aux obstacles.

Le BVLOS regroupe ce qui n’est pas conduit en VLOS. L’EVLOS est utilisé dans les AMC et GM comme une organisation étendue faisant appel à des observateurs ; il ne doit pas être présenté comme une simple rallonge automatique du VLOS.

1. Les trois notions à ne pas confondre

ModePrincipeConséquence principale
VLOSLe télépilote maintient un contact visuel continu et non assisté avec l’aéronef.La veille visuelle participe directement à l’évitement des collisions.
EVLOSDes observateurs complètent la surveillance visuelle selon une organisation définie.Les positions, communications, délais et responsabilités doivent être démontrés.
BVLOSL’opération n’est pas conduite en VLOS.Le risque aérien et les mitigations tactiques doivent être traités par d’autres moyens.

La distance n’est donc pas un critère autonome. Un aéronef peut devenir impossible à orienter ou à distinguer bien avant la portée radio annoncée. À l’inverse, une vue momentanée de l’aéronef ne suffit pas à qualifier tout le vol en VLOS si la surveillance continue, l’attitude ou la capacité d’évitement ne sont pas conservées.

2. Déterminer une limite VLOS réaliste

La limite VLOS dépend notamment de la taille et du contraste de l’aéronef, de l’éclairage, de la visibilité, de l’arrière-plan, de la hauteur, de la vitesse, de l’orientation et de la fatigue visuelle. Les Easy Access Rules distinguent la capacité à déterminer la position et l’attitude de l’aéronef de la capacité à détecter un trafic convergent. La limite retenue doit correspondre au plus contraignant de ces besoins.

  1. Définir le domaine : aéronef, hauteur, vitesse, environnement et conditions météorologiques.
  2. Tester la perception : position, attitude, direction de vol et aptitude à intervenir.
  3. Tester la veille aérienne : détection, décision et manœuvre d’évitement dans un délai utile.
  4. Intégrer les marges : variabilité des personnes, conditions défavorables et durée de mission.

Un écran n’est pas une vision directe

Le retour vidéo, la télémétrie ou une carte peuvent améliorer la conscience de la situation, mais ils ne remplacent pas le contact visuel non assisté exigé pour qualifier un segment de vol en VLOS.

3. Organiser un EVLOS avec des observateurs

En EVLOS, les observateurs ne constituent pas une chaîne informelle. Le dossier doit préciser leurs positions, leur zone de couverture, les recouvrements, les moyens de communication, la phraséologie, les critères d’alerte et la capacité du télépilote à agir. Les AMC et GM indiquent que le délai de vérification et de communication entre observateurs et télépilote doit rester inférieur à quinze secondes.

Il faut également distinguer l’observateur visuel chargé d’aider à maintenir la vue de l’aéronef et l’observateur de l’espace aérien chargé de surveiller le trafic habité. Selon le scénario, ces rôles, leurs compétences et leurs moyens peuvent être différents.

4. Ce que change le BVLOS

Le BVLOS ne signifie pas uniquement « plus loin ». Il modifie la manière de détecter le trafic, de surveiller l’état de l’aéronef, de traiter une dégradation de la liaison C2 et de décider une contingence. Dans la SORA, les segments BVLOS sont associés aux exigences de mitigation tactique du risque aérien correspondant à l’ARC résiduel, alors que les segments VLOS bénéficient du crédit de la veille visuelle.

Air

Détection du trafic, coordination, DAA, observateurs ou espace ségrégué selon le cas.

Système

Liaison C2, navigation, alertes, modes dégradés et capacité de retour ou de terminaison.

Organisation

Rôles, compétences, briefings, communication, critères de décision et entraînement.

Questions fréquentes

Une distance de 1 km est-elle automatiquement du BVLOS ?

La qualification dépend de la capacité visuelle réelle et continue, pas d’un seuil universel de distance.

Un observateur transforme-t-il toujours un vol BVLOS en EVLOS ?

Non. L’organisation doit répondre aux conditions du cadre utilisé et démontrer une surveillance, une communication et une capacité d’action suffisantes.

Peut-on mélanger VLOS et BVLOS dans une même mission ?

Oui, mais chaque segment doit être caractérisé et les exigences applicables aux segments BVLOS restent à satisfaire.

Références réglementaires et documentaires

Dernière mise à jour éditoriale : 7 juillet 2026
Dernière vérification réglementaire : 7 juillet 2026